De l'héroïsme

Publié le par Christian Jacomino

Rappeler, comme l'a fait Jacques Chirac l'autre soir à la télévision, que la France est le second exportateur mondial de produits agricoles, sans souligner que ce résultat est obtenu grâce à des subventions publiques de l'Union Européenne qui lèsent gravement les pays les plus pauvres, cela manque d'élégance. De panache. De fair-play. Nous, Français, avons le goût de l'héroïsme comme les autres nations. Mais, à cause de notre longue histoire, qui ne fut pas toujours glorieuse, nous devrions ne pas confondre le goût de l'héroïsme et celui de la victoire obtenue à tout prix. Déjà au Grand siècle, nous disions qu'

A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire.

 L'héroïsme peut être défini comme ce qui, dans l'expérience de l'Autre, est susceptible de nous donner plus d'énergie et de courage. Non point pour courir vers la victoire la plus facile mais pour pouvoir mieux supporter l'échec dans la voie que l'on s'est authentiquement choisie. Notre équipe de football nous en a fourni hier soir, avec son match contre l'Espagne, un merveilleux exemple. Le troisième but, marqué par Zinédine Zidane, à la 89e minute, n'est pas seulement un exploit sportif. C'est une victoire morale. Un chef d'oeuvre de l'art existentiel. Le seul qui compte.

Publicité

Publié dans Ethique

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article