Je me répète

Publié le par Christian Jacomino

F. Ponge cite, en tête de Comment une figue de paroles et pourquoi (1977):

"Auguste voulait qu'on usât de fréquentes répétitions plutôt que de laisser quelque péril d'obscurité dans le discours."

Il m'a fallu beaucoup de temps pour dire ce qu'il me revenait de dire. Tandis que d'autres l'ont fait du premier coup. Sûrs qu'ils étaient de se faire entendre. Qu'on leur en saurait gré. Et maintenant que c'est fait, je ne me priverai pas de le répéter. Aussi souvent et aussi longtemps qu'il me sera permis de le faire. Je pense avoir gagné ce droit et je ne me priverai pas d'en user. Que le monde n'est pas détestable et qu'il n'attend pas d'être sauvé par la littérature. Encore moins par les intellectuels. Les professeurs de lettres, et l'ensemble des hauts fonctionnaires sortis des grandes écoles. Non point que je veuille opposer la littérature au monde, mais au contraire pour souligner qu'elle lui appartient.

Je ne crois pas à la littérature de ceux qui pensent sauver le monde, le racheter. Mais cela encore ne serait rien. Un fantasme personnel, plutôt comique. Je m'inquiête du nombre de professeurs qui enseignent dans les banlieues et sont incapables de parler de Bill Gates, de raconter sa vie comme celle d'un héros. Car ceux-là manquent à leur rôle. Balzac le leur aurait signifié vertement. Mais aussi bien Georges Sand et Emile Zola.

 

Publicité

Publié dans Libéralisme

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
M
Le trackback automatique, outre qu'il est répété, est illisible. Je te mets un morceau de mon billet "De la divine folie" où sa pertinence ici est plus évidente: "nous sentirions-nous parfaitement justifiés à prétendre que la force d'émotion qui émane des grandes oeuvres serait absolument sans rapport avec l'ultime Fondement du monde?"
Répondre
B
assez d'accord sur les héros à présenter. Pas si sure que ce ne soit pas en partie le cas (quoique j'ai un peu peur qu'on en reste à Zidane) - mais pourquoi ne pas tente les héros anonymes genre leurs parents ?<br /> Pas d'accord pour se passer des mots. Pas du préchi-précha mais du plaisir des mots, de la lecture si ce n'est de l'écriture. Je suis trop attachée à mes voyages dans l'écriture des autres, tout au lon de ma vie, pour ne pas avoir envie que les autres le découvre
Répondre
J
Quand j'étais dans les premières années de lycée, l'équivalent du colège aujourd'hui, dans notre bon vieux Parc Impérial, le débat classique consistait à comparer les mérites respectifs de Corneille et Racine. Si nous en étions à comparer aujourd'hui les mérites repectifs de Bill Gates et Steve Jobs, ce serait formidable. Notre système éducatif aurait effectué sa révolution, il serait en prise sur le monde. Oui, bien sûr, j'ai cité Bill Gates pour qu'on cite Steve Jobs et bien d'autres comme eux dont personne ne songe à parler, me semble-t-il, dans nos classes.
Répondre
J
comme héros, je préfère Steve Jobs! :)
Répondre
S
il me semble que la citation de salinger que je fais sur strani n'est pas sans rapport avec ce que tu dis. Cf http://strani.over-blog.com
Répondre