La carte scolaire et le génocide des Arméniens

Publié le par Christian Jacomino

A propos de la loi votée hier au Parlement tendant à sanctionner la négation du génocide des Arméniens en 1915, Gilbert Veyret publie un excellent billet sur le site d'Initiative Européenne et sociale, intitulé Puisque les lois ne peuvent plus régir l'avenir, qu'elles sanctionnent... le passé des autres. Cette histoire est en effet ahurissante. Je réfléchissais ce matin, en faisant mon marché, à la façon dont la classe politique a accueilli voici peu les suggestions faites par S. Royal et N. Sarkozy de réformer la carte scolaire. Personne n'a prétendu alors que ce dispositif donnait satisfaction. Tout le monde a reconnu au contraire qu'il avait des conséquences calamiteuses pour de nombreux enfants, ainsi que pour l'avenir du pays (qui se prive du talent que ces nombreux enfants pourraient développer si on leur permettait de s'extraire une tant soi peu de leur milieu social). Mais c'était pour nous expliquer aussitôt que l'on n'y pouvait rien. Qu'il n'y avait pas de recette magique. Qu'on allait regarder cela, bien sûr, mais qu'à moins de découvrir une 'recette miracle', il ne fallait pas s'attendre à ce que l'on améliore beaucoup la situation. Et la presse a paru soulagée. Ah! enfin, voilà que notre Premier ministre remettait à leurs places ces deux individus un peu vulgaires qui prétendaient réformer les choses... Et pourquoi pas, tant qu'on y était, aller s'inspirer de ce qui se fait dans les grandes villes américaines...! De quoi se faire du mal. Se diviser. De quoi mettre des milliers de manifestants dans la rue. Tandis qu'avec cette condamnation du passé des autres, ça va mieux, on se retrouve entre soi. Pour une fois, j'ai cru comprendre que notre Parlement a même frôlé l'unanimité.

PS. Sur la photo, c'est pas moi.   

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Publié dans Ethique

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C
Oui, Michel, merci pour la correction... Et quant à l'interprétation que tu donnes de ce vote, elle me paraît inévitable. Même si tous les députés n'en avaient pas conscience, c'est bien contre la Turquie et contre son entrée dans l'UE qu'ils ont voté. 
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M
> Brigetoun. Je ne vois pas trop ce qu'il y a d'honneur à "s'en laver les mains" et à laisser ainsi passer une loi dont on est persuadé qu'elle est nuisible (cf. Paul Quilès jeudi matin sur FC). Je l'ai dit, j'y verrais plutôt de la lâcheté politique. Je ne l'entends pas au sens individuellement moral mais comme un manque collectif de courage, c'est-à-dire de conviction, c'est-à-dire de vision.> Christian. Pour certains le vote de cette loi est peut-être une manoeuvre pour décourager la Turquie. La raison initiale est sans doute plus bassement électoraliste: la proposition de loi est d'origine marseillaise où la communauté arménienne est nombreuse. PS. Il y a une faute de frappe dans le titre de ton billet.
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C
J'imagine que la question concernant les intermitents du spectacle est compliquée. Il faut lire des dossiers, discuter, faire marcher la calculette. Avec le génocide, c'est plus simple. Nous n'en sommes pas coupables, nous n'en sommes pas victimes. Il paraît qu'il y a des gens pour nier la réalité d'un génocide. Ils n'ont qu'à bien se tenir... A moins que, derrière tout cela, il y ait une manoeuvre pour décourager la Turquie d'entrer dans l'UE...
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B
oui mais pour l'honneur de la masse des députés il y avait très peu de présents en séance, si peu que le quorum n'aurait pas été atteint si on l'avait vérifié. Pour le malheur on ne l'a pas fait. Pour le malheur toujours on l'a fait juste après pour ne pas voter la loi sur l'indemnisation des intermitents du spectacle, élaborée par des députés de tous bords
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