La carte scolaire et le génocide des Arméniens
A propos de la loi votée hier au Parlement tendant à sanctionner la négation du génocide des Arméniens en 1915, Gilbert Veyret publie un excellent billet sur le site d'Initiative Européenne et sociale, intitulé Puisque les lois ne peuvent plus régir l'avenir, qu'elles sanctionnent... le passé des autres. Cette histoire est en effet ahurissante. Je réfléchissais ce matin, en faisant mon marché, à la façon dont la classe politique a accueilli voici peu les suggestions faites par S. Royal et N. Sarkozy de réformer la carte scolaire. Personne n'a prétendu alors que ce dispositif donnait satisfaction. Tout le monde a reconnu au contraire qu'il avait des conséquences calamiteuses pour de nombreux enfants, ainsi que pour l'avenir du pays (qui se prive du talent que ces nombreux enfants pourraient développer si on leur permettait de s'extraire une tant soi peu de leur milieu social). Mais c'était pour nous expliquer aussitôt que l'on n'y pouvait rien. Qu'il n'y avait pas de recette magique. Qu'on allait regarder cela, bien sûr, mais qu'à moins de découvrir une 'recette miracle', il ne fallait pas s'attendre à ce que l'on améliore beaucoup la situation. Et la presse a paru soulagée. Ah! enfin, voilà que notre Premier ministre remettait à leurs places ces deux individus un peu vulgaires qui prétendaient réformer les choses... Et pourquoi pas, tant qu'on y était, aller s'inspirer de ce qui se fait dans les grandes villes américaines...! De quoi se faire du mal. Se diviser. De quoi mettre des milliers de manifestants dans la rue. Tandis qu'avec cette condamnation du passé des autres, ça va mieux, on se retrouve entre soi. Pour une fois, j'ai cru comprendre que notre Parlement a même frôlé l'unanimité.
PS. Sur la photo, c'est pas moi.