Education et rééducation généralisée
Mes amis cliniciens (pédospychiatres, psychanalystes et psychologues) craignent aujourd'hui que l'on passe d'une clinique du sujet humain à une clinique du symptôme. Très concrétement, cela signifie que l'institution hospitalière ne s'organiserait plus comme elle fait aujourd'hui en secteurs (géographiques) où sont reçus toutes sortes de sujets souffrant de toutes sortes de troubles, mais en lieux dédiés à tel ou tel symptôme.
De la même manière, je crains que l'enseignement scolaire ne consiste plus, demain, à transmettre une culture mais à entraîner les enfants de façon intensive pour l'acquisition de telle ou telle compétence.
La rééducation remplacerait d'entrée de jeu l'éducation. On gagnerait du temps. Et de l'argent.
La pratique de la poésie dite et chantée implique et favorise la compétence linguistique qui consiste à ‘rythmer un texte (i.e. un vers) en en scandant les syllabes orales’. Je ne suis pas sûr d'avoir envie qu'on entraîne un enfant à faire cela hors l'amour et la mémoire de poésie.
Le secret désir de certains est que la question de l'angoisse soit réglée par l'administration de médicaments.
Le secret désir de certains est que les ordinateurs remplacent un jour les professeurs.
Pour la dyslexie, par exemple, on pourrait la soigner tout à la fois avec des médicaments et avec des logiciels adaptés.
Quant à moi, je préfère qu'un être humain transmette à un autre être humain le goût et la mémoire de contes, de poèmes et de chansons.
Voir aussi L'ordinateur et l'échange interpersonnel.