L'école et le statut de sujet

Publié le par Christian Jacomino

Marc Pataud est l'invité du Tiers livre. A son propos, François Bon cite un texte d'André Rouillé (La photographie, 2005) qui commence par cette phrase:

"Marc Pataut met en oeuvre des procédures dans le but de créer des conditions de possibilité, pour ses modèles, de devenir des sujets."

Bien après la fin de la Seconde Guerre mondiale, certains rêvaient d'une société dans laquelle le sujet se serait effacé. Dilué au sein des masses populaires. Tous ceux qui, de l'extrême gauche à l'extrême droite, voulaient en finir avec 'l'humanisme bourgeois' avaient plus ou moins cela à l'esprit. Et si Internet ne s'était pas répandu, nous y serions encore. Le danger qui guette tous les auteurs de blogs tient à leur prétention d'accéder au statut de sujet (voir Cerca).

Traditionnellement, les enfants accèdent au statut de sujet par leurs familles, pas par l'école. Ce n'est pas le rôle de l'école, a priori, de permettre aux élèves de devenir des sujets. L'école vient après, elle se fonde là dessus. Mais les enfants qui n'ont pas eu la chance d'accéder à ce statut sont en échec scolaire. L'école d'aujourd'hui est en face de cette réalité. Elle doit se rendre à l'évidence que, pour beaucoup d'enfants, la rationnalité pédagogique ne suffit pas. Elle doit prendre son parti de faire elle-même ce que les familles n'ont pas fait. Raison pour laquelle elle ne peut plus fonctionner du tout comme elle faisait hier. Sa fonction a changé.

Dans les ateliers 'Voix haute', il s'agit de cela. Moins d'apprendre aux enfants à lire que d'utiliser la langue pour leur permettre d'accéder au statut de sujet. S'y hisser, s'y agripper. Quelquefois on voit le processus s'opérer sous ses yeux, dans l'espace d'une séance. Quelque chose comme un miracle. Ensuite, bien sûr, il faut consolider.

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Publié dans Lire en atelier

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B
vous artisan de paix
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