Immigration et droit du travail
[Anne ajoute un commentaire à mon billet du 1er juillet. Elle écrit si bien qu'on voudrait être aussitôt d'accord avec elle. Mais ce ne serait pas sérieux. Elle mérite mieux. Et je prends donc le risque de passer pour un réac.]
Quand mon père nous a entraînés d’Algérie en France, ma mère et moi, en 1955, il a commencé par vendre des cartes postales et des crayons dans la rue, puis il a fait du démarchage pour le compte d’une compagnie d’assurance, avant de se faire embaucher dans un garage Renault où il faisait des écritures. Il n’est pas resté un jour sans travailler, et pour tous ces emplois qu’il a eus, il était payé en liquide. Je revois la table de la cuisine où il venait déposer sa paye hebdomadaire. Nous étions fiers et heureux de la façon dont la France nous accueillait. Car il était bien clair pour nous que la France ne nous devait rien, et que, par parenthèse, nous ne lui devions rien non plus.
Je voudrais que ceux qui militent pour la régularisation des sans-papiers nous disent si oui ou non ils militent aussi pour la libéralisation des conditions de travail. Si c’est le cas, je les approuve. Si ce n’est pas le cas, je voudrais qu’ils me disent comment ils se représentent les conditions de vie en France de ces familles sans travail. Pensent-ils qu’elles pourront aller croupir dans des meublés sordides, voire dans la rue? Ou qu’elles devront avoir droit aussi bien à un logement décent dont elles seront dispensées de payer le loyer?
Crois bien que je serais infiniment heureux de pouvoir revendiquer avec toi et avec quelques autres (pas tous) la régularisation des sans-papiers. Mais il faudrait que nous soyons d’accord également pour dénoncer ensemble, de la façon la plus ferme, les leaders politiques irresponsables qui prêchent pour un Smic à 1500 €? Ceux-là, il me semble qu’ils n’ont jamais eu à chercher du travail, pour eux ni pour personne de leurs familles.
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