Du manque à la surabondance

Publié le par Christian Jacomino

Dernière séance de l'atelier Bien dire, hier soir, à l'école du Château. Laurence était notre invitée, elle a parlé de son métier de bibliothécaire en section jeunesse. Dans mon enfance, le rapport à la culture était marqué par le manque, la frustration. Aujourd'hui, il est marqué par la surabondance. Il a été question de cela, en particulier grâce aux remarques de Vincent qui s'occupe d'une agence de communication, et il se trouve que la même idée a été évoquée au cours de la réunion de travail du Cien à laquelle je suis allé participer ensuite, à l'autre bout de la ville. Il y a trente ans, nous manquions de biens matériels (de livres, de disques). Aujourd'hui, nous manquons d'êtres humains pour aider les jeunes à choisir parmi les livres, pour les lire et en parler avec eux. Tout le monde veut offrir des livres aux enfants des banlieues, c'est tellement plus rassurant de se dire qu'ils manquent, que le capitalisme les fait manquer, mais pour aller lire et parler avec eux, on ne voit plus grand monde.

En fait, ils manquent bien, mais ce n'est pas de choses qui s'achètent, c'est de la parole de l'Autre.

J'ai aimé cette histoire d'analystes qui reçoivent, pour un petit nombre de séances, des gens qui ne paient pas - ce qui paraîtrait bien dangeureux, s'il n'y avait que ces analystes acceptent de n'être pas payés.

La règle de l'action sociale devrait être aujourd'hui la suivante: Je donne à qui je veux ce qui m'appartient, et non pas à n'importe qui ce qui appartient au tiers anonyme et contraint

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Publié dans Libéralisme

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