Des mammifères volants

Publié le par Christian Jacomino

L'air encore frais plutôt mais le soleil brûlant, la journée se passe à monter et descendre les escaliers de l'école, à essayer de mettre de l'ordre dans les papiers, ce qui est une tâche impossible, et ce soir une couche de nuages lourds, bleutés, assez bas, avec en dessous d'eux une lumière violette et rose sur les toits et les murs de la ville qui paraît peinte, un arrière-plan de Piero della Francesca. Subjugué par le travail de Philippe De Jonckheere. J'enviais son talent à manipuler les images pour les intégrer au désordre d'écriture, je découvre qu'il n'est pas ignorant de la musique contemporaine, ce qui ne m'étonne pas venant de lui, mais cherchez sur la Toile et vous me direz combien d'écrivains se soucient d’Olivier Messiaen et Pierre Boulez, aussi bien d'ailleurs que de Madonna. On peut espérer qu'il pleuve, cette nuit, on peut espérer de dormir avec la fenêtre entrouverte sur le bruit de la pluie puis, au petit matin, le cri des goelands dont on dirait à les entendre que ce sont des oiseaux préhistoriques, ou plus exactement des mammifères volants, la bouche ouverte armée de dents.

Publicité

Publié dans Journal

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article