La Torah et le lever du soleil

Publié le par Christian Jacomino

Ce matin, à 6.18 (il était 21.25 au Japon) (non, je vérifie, c'est impossible, l'une au moins de nos deux horloges était mal réglée), j'ajoute ce commentaire au dernier billet de Patrick Rebollar intitulé Horrible et indispensable socialité:

Celui qui se détourne, ne fût-ce qu'un instant, de la lecture de la Torah, pour contempler un arbre sur le bord du chemin, ou aussi bien le lever du soleil, est déjà mal barré... Mais je pense qu'il peut s'agir d'une lecture mémorielle plutôt que visuelle... Et, dans ce cas, votre attitude redevient concevable. Vous allez contempler le lever du soleil en pensant à votre cours sur Beckett, et de Beckett à la Torah, il n'y a qu'un pas, me semble-t-il... Vous êtes repêché.

Un souci, néanmoins... Je ne me souviens plus où j'ai pêché cette règle: Celui qui se détourne, ne fût-ce qu'un instant..., etc. Je la trouve tout à fait juste, du point de vue éthique, mais je ne sais plus où je l'ai lue. Quelqu'un peut-il me renseigner?

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Publié dans Ethique

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M
En cherchant de la doc sur Resh Lakish qui nous fait chatter sec sur mon blog, je tombe sur ce passage dans Elie Wiesel, célébration talmudique, p274 :<br /> Rappelez-vous ce passage de l'Ethique de nos pères. Quiconque s'arrête étudier et dit : "regardez cet arbre, voyez comme il est beau", haré hu kamitchayev benafsho, s'il lui arrive malheur, il n'aura à s'en prendre qu'à lui même. J'ai longtemps été troublé par cet aphorisme : quel mal y a t-il à admirer la beauté de la nature ? Après tout, elle aussi a été créée par Dieu. Voici la réponse : il n'y a là rien de répréhensible; ce qui est mal, c'est d'arrêter d'étudier. L'accent est mis sur hamafsik mimishnato. Admirer la beauté fait partie de l'étude mais ne la remplace pas. L'étude ne doit jamais être interrompue par le sentiment esthétique, c'est dans l'étude même qu'il faut la découvrir, dans les textes, l'exploration de leur sens caché, la rencontre des Maîtres d'autrefois et la compréhension de leur messages secrets. La beauté, vous la trouverez même au cœur des contreverses..."
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M
Presque, je m'étais fait des extraits du PA il y a quelques années, que je me trimballe effectivement avec moi partout (dans la mesure où je trimballe partout avec moi mon ordinateur), et parmi mes extraits il y avait celui-ci, qui convient au voyageur à qui il arrive que la beauté d'un arbre donne l'occasion de méditer la Loi.(Ceci, il m'est arrivé, quelques années, de me promener avec le PA dans mes bagages.)
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J
Content de te savoir de retour... Mais comment as-tu fait pour répondre aussi vite... Tu ne te promènes pas avec le Pirqé Avoth dans tes bagages, et tu ne le sais tout de même pas par coeur... Au Moyen Age, pour un prodige comme ça, on risquait gros.
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M
Pirqé Avoth, 3.9: Rabbi Jacob : disait : "Celui qui, en voyageant, médite la Loi et interrompt sa méditation pour s'écrier : Que cet arbre est beau ! que ce champ est bien cultivé ! celui-là, selon l'Ecriture, compromet sa vie."M. (retour d'Istanbul à Paris où c'est l'hiver!)
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B
Oui, désolé pour l'horaire, je n'ai pas pu modifier cela dans Dotclear : les commentaires sont à l'heure de mon fournisseur d'espace, du côté de Los Angeles (alors que j'ai pu mettre les billets au fuseau horaire du Japon)...
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