Supplément à mon billet de ce matin
Chers amis, En 1974, nous étions très à gauche et nous savions qu'il existait une culture dominante qui était celle de la bourgeoisie. Et, bon an mal an, nous essayions de dire qu'il existait aussi d'autres cultures qui avaient leur dignité et qui méritaient mieux que le dédain dans lequel les maintenait l'école. C'était, pour ceux de notre génération, le jazz, la BD, le roman policier, le cinéma, les musiques ethniques, etc... Aujourd'hui, la grande majorité de nos collègues sont toujours très à gauche, mais ne parlent plus jamais de culture de classe. Ils défendent la culture aristocrato-bourgeoise comme la seule qui vaille, et ils veulent l'imposer à tous (la rendre obligatoire). Je n'ai rien contre Racine (que je préfère de beaucoup à Molière), j'adore entendre Claude Chabrol comparer les mérite de Corneille et Racine. Mais (1) je m'étonne qu'on ait oublié le jazz, le cinéma et Raymond Queneau, les chants des paysans siciliens ou berbères. (2) Je ne vois pas pourquoi Molière, Corneille et Racine seraient obligatoires pour tous (après tout la musique de Mozart ni celle de Miles Davis ne figurent encore au programme du bac, et personne ne s'en plaint).
Mais encore une fois, ma question est celle-ci: Comment se fait-il que les prof, gens de gauche, aient oublié de défendre la culture populaire et veuillent imposer aux pauvres la culture des riches?