'Voix Haute' - La Lettre
La Bibliothèque verte a rouvert ses portes. Les séances ont lieu chaque mercredi, au Centre Médico-Psychologique du Carret (Nice). Public désigné.Dans le même lieu, qu’il dirige, Georges Juttner, pédopsychiatre, psychanalyste, rouvre son séminaire. Les séances se tiennent chaque premier mardi du mois, à partir de 20h00. Première séance le mardi 3 octobre.
Le Laboratoire central est le rendez-vous des animateurs des ateliers ‘Voix Haute’. Il se réunit chaque premier mercredi du mois, de 18h30 à 19h45 à l’école du Château (23, rue Saint Joseph, Nice). Première séance, le mercredi 4.
Samedi 21 octobre, à 17h00, conseil d’administration de l’association Ars legendi (gestionnaire des ateliers ‘Voix Haute’).
C’est en 2005 que Christian Montelle a fait paraître son ouvrage intitulé La parole contre l’échec scolaire. La haute langue orale (chez L’Harmattan). Mais j’ai découvert l’auteur et son ouvrage voici quelques jours à peine, grâce à l’émission qu'Aline Pailler lui a consacrée, le 6 septembre, sur France-Culture et que Michel Roland m’a signalée. Cette rencontre a été pour moi de celles qui comptent, dans la mesure où les principes défendus par Ch. Montelle paraissent très proches de ceux sur lesquels j’ai fondé la méthodologie des ateliers ‘Voix Haute’.
Á propos de l’échec scolaire, Ch. Montelle écrit par exemple, dans les toutes premières pages de son livre :
"Après tout, pendant des siècles, les enfants ont acquis des compétences linguistiques, parfois considérables, sans ordinateur, sans gadgets pédagogiques et sans didacticiens. Sans même aller à l’école ! Cette maîtrise naturelle de la langue était obtenue grâce à un bain de parole dans le milieu familial et l’environnement social proche, et par l’acquisition d’un vocabulaire de proximité très riche, souvent en patois. L’apport poétique essentiel était apporté par des récits et d’autres textes traditionnels transmis par ces mêmes milieux. Ne pourrait-on pas s’inspirer de cette tradition pour mettre en place, chez tous les enfants, les compétences de langage indispensables pour l’acquisition des savoirs? Lorsque le verrou linguistique aura été éliminé, les moyens et les méthodes modernes d’enseignement trouveront l’efficacité dont ils peuvent être porteurs" (pp. 10-11).
Dans leur livre intitulé Apprendre à lire à l'école, Roland Goigoux et Sylvie Cèbe écrivent:
"Jusqu'aux années 1960, les instituteurs consacraient l'essentiel de leur temps à apprendre aux élèves à déchiffrer, c'est-à-dire à combiner les lettres entre elles et à les convertir en sons, afin qu'ils pussent prononcer les mots écrit" (p. 7 du fascicule d'extraits publié par Le Monde de l'écudation dans son édition de septembre).
Cette affirmation n'est que partiellement exacte, et la bévue porte (me semble-t-il) sur un point décisif. Ceux en effet qui, comme moi, ont fréquenté l'école (celle de la rue Vernier, à Nice) dans les années 50 se souviennent sans l'ombre d'un doute que l'offre pédagogique des institueurs ne se limitaient pas à cette pauvre mécanique: ils faisaient lire les élèves à haute voix, ils leur donnaient à apprendre par coeur quantité de poèmes, et même des textes en prose (les fameux 'résumés' d'histoire, de géographie, de sciences naturelles), et leur faisaient chanter à pleine voix quantité de chansons traditionnelles (en s'aidant eux-mêmes du guide-chant, puis de la radio scolaire) (les arbres en tremblaient dans la cour). Comment peut-on ignorer que cela aussi faisait partie de l'apprentissage de la lecture (en même temps que de celle de la langue)? Comment ne pas voir que, sur ce point, c'est une très ancienne et très universelle tradition qui a été rompue? Comment ne pas voir qu'au-delà de la querelle des méthodes (syllabiques ou lexicales) c'est d'abord de cela qu'il s'agit?
Pour tout renseignement supplémentaire sur nos ateliers, ne manquez pas de m'appeler (au 04.93.62.28.36) ou de m'écrire (à c-jacomino@voixhaute.com).
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