L'ordinateur et l'échange interpersonnel

Publié le par Christian Jacomino

Une des conséquences les plus fâcheuses d'un système éducatif centralisé comme le nôtre concerne l'aménagement des espaces d'apprentissage et le choix des matériels utilisés. L'exemple de Célestin Freinet le montre: on n'invente pas d'autres procédures pédagogiques sans aménager de manière différente l'espace de la classe et sans concevoir des matériels adaptés. Pendant longtemps, en France, l'évolution des programmes officiels s'est traduite principalement par la récriture des manuels scolaires (qu'il fallait vendre et acheter très vite pour rester à la page). Tout se passait comme si le contenu de ces manuels avait constitué l'alpha et l'omega des dispositifs d'apprentissage. Aujourd'hui, les choses ont évolué, et l'on nous parle de préférence de l'utilisation de la micro-informatique. L'intention me paraît bonne. Mais le point décisif, selon moi, est de veiller à ce que l'ordinateur prenne place à l'intérieur d'un espace physique conçu et organisé comme champ de parole.

Le vecteur d'apprentissage demeure l'échange de paroles vives (i.e. orales) entre personnes réelles qui s'interpellent, s'interrogent l'une l'autre et se reconnaissent. Le micro-ordinateur peut venir optimiser le rendement d'un tel système d'échanges mais en aucun cas il ne doit le 'shunter'.

 Je songeais à cela en découvrant, grâce à un billet de François Guitet, la Classroom of the Future proposée aux USA par la Clinique Mayo. Je vous recommande d'aller voir le diaporama de présentation. Vous remarquerez que, dans cet environnement expérimental, les enfants utilisent des iMac et de iPod à faire rêver. Mais aussi qu'on les a débarrassés des bureaux et des chaises qui les contraignent et les séparent, au profit de pupitres légers devant lesquels ils se tiennent débout, et de plaques de liège qu'ils utilisent pour travailler couchés à plat ventre sur le sol (la problématique de départ étant, si je comprends bien, de prévenir l'obésité). Or, pour ma part, la facilité de déplacement et de communication interpersonnelle que permettent les pupitres et les plaques de liège me paraît au moins aussi importante et convaincante que l'utilisation des iMac et des iPod.

 

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Publié dans Lire en atelier

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S
Il est impossible faire 35 heures en respectant les exigences officielles actuelles. Ce serait renoncer à ces obligations, en particulier méthodologiques, auxquelles beaucoup semblent très attachés. Il ne peut y avoir de réforme ponctuelle de l'éducation. Si on touche une partie tout le reste est remis en question. D'ailleurs, ce serait souvent aboutir à des choses absurdes et contradictoires que de faire des réformes ponctuelles. Il ne peut y avoir de réforme que globale, et il ne peut y avoir de réforme globale nationale de l'education en France (heureusement). Il faut laisser aux structures (locales, régionales, aux établissements, aux équipes, aux conseils)capables de réformer la possibilité de réformer. Je ne vois pas d'autre solution.
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C
Je pense, en effet, que des effectifs réduits permettent des modes de fonctionnement que ne permet pas la classe à 30 élèves. Mais en ZEP, je vois souvent des classes à 20 élèves (parfois 18 ou 19). Et puis, Ségolène Royal a peut-être raison de faire remarquer que si les enseignants se rapprochaient des 35 heures, ils pourraient travailler avec des groupes beaucoup plus réduits encore. Je dis cela sans la moindre ironie. Je crois au contraire que mes jeunes collègues, dans leur immense majorité, ne verraient aucun inconvénient à travailler autrement, en équipe. Mais il ne faut pas être angélique. La droite dure n'est pas la seule force de régression dans notre pays.
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B
les blogs ne peuvent remplacer la relation personnelle. C'est pourquoi à contrario certains blogueurs sont plus que réticents à l'idée de franchir le pas et sortir du virtuel (moi p/e/)<br /> formidable l'idée des salles où les élèves circulent et ne sont pas assis. Mais encore une fois est ce que ça n'exige pas des effectifs réduits ? 
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S
le blog permet particulièrement bien, mieux que le site, de donner une transcription (ou presque) de parole. Il a permis l'avènement d'une sorte de naturel moderne et informatique. Les blogs des hommes politiques par exemple sont des oasis où ils abandonnent (pas toujours, mais parfois) leur langue, leur écriture habituelle, crispée et hypercodée, pour quelque chose de plus doux et simple.
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