Apprentissage de la lecture. Déplacer la question

Publié le par Christian Jacomino

Les Documents d’application des programmes publiés en 2002, concernant la littérature en cycle 3, indiquent que
 
 
“La lecture silencieuse ne peut être considérée comme un acte didactique. L’absence d’interaction entre le maître et l’élève interdit toute amélioration des compétences. La qualité de la lecture silencieuse est la conséquence des enseignements reçus, tant du point de vue de la reconnaissance des mots que du traitement syntaxique des phrases, ou encore de la compréhension des textes. Ces enseignements supposent des interactions et, donc, des dialogues entre l’élève et le maître” (MÉN, Littérature : Cycle 3, coll. “École. Documents d’application des programmes”, Paris, CNDP, 2002, p. 6).
 
La question insistante, obsédante, qui agite l’école depuis les années 1960 porte sur la méthode qu’il convient d’adopter pour apprendre à lire, c’est-à-dire pour extraire les informations que l’écrit contient en se confrontant directement à lui. Cette question serait pertinente si tous les élèves possédaient une égale maîtrise de la langue orale au moment de leur entrée à l’école. Mais ce n’était pas le cas dans la France de Jules Ferry, et ce n’est pas le cas non plus dans la France d’aujourd’hui. Cette manière frontale, mécanique et pour tout dire violente d’aborder le problème revient à exclure la compétence linguistique de la problématique de base. Á l’inverse, si nous admettons qu’il y a corrélation étroite entre compétence linguistique à l’oral et apprentissage de la lecture, une autre question s’impose qui consiste à savoir :
Quelle est la méthode d’apprentissage de la lecture la mieux à même de renforcer la maîtrise de la langue à l’oral? 
Cette question ouvre une perspective nouvelle, dans laquelle la lecture n’apparaît plus comme une fin en soi, ni comme un savoir détaché, ou purement ‘véhiculaire’. De cette manière, nous sommes conduits à regarder son apprentissage plutôt comme une occasion – et un moyen – d’acquérir certains autres savoirs, au premier rang desquels celui de la langue. Et sitôt que ceci est conçu, une réponse méthodologique s’impose, qui s’énonce à deux niveaux :
  1. 1/ pour que des personnes qui ont une maîtrise de la langue insuffisante à l’oral trouvent moyen de lire et trouvent plaisir à le faire, il est nécessaire qu’on ne les laisse pas seuls face au texte;
  2. 2/ pour que l’activité de lecture renforce la maîtrise de la langue à l’oral, il faut que cette lecture soit elle-même une activité orale.

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Publié dans Lire en atelier

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C
Oui, Brigetoun, la maîtrise de la langue orale dépend très étroitement, pour chaque enfant, du milieu familial et social... C'est bien ce qui fonde les plus terribles inégalités qui se feront sentir ensuite durant tout le cursus scolaire. L'école ne vient qu'après... Mais alors, elle ne peut avoir d'autre mission que de réduire, tant que faire se peut, ces inégalités. Qu'éviter à tout le moins qu'elles ne se creusent... La détermination est tellement terrible qu'on fait semblant de ne pas la voir. On attend des techniques d'écriture qu'elles viennent masquer cela, alors qu'elles le révèlent davantage.
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B
le déroulement jusqu'à la nécessité de la lecture orale pour enseigner le maniement de la langue oralement paraît convainquant. Alors que j'avais toujours pensé, senti que la qualité de la langue parlée par un enfant dépendait de celle de son entourage
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S
merci pour la citation de l'accompagnement des programmes.
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