Apprentissage de la lecture. Déplacer la question
Les Documents d’application des programmes publiés en 2002, concernant la littérature en cycle 3, indiquent que
La question insistante, obsédante, qui agite l’école depuis les années 1960 porte sur la méthode qu’il convient d’adopter pour apprendre à lire, c’est-à-dire pour extraire les informations que l’écrit contient en se confrontant directement à lui. Cette question serait pertinente si tous les élèves possédaient une égale maîtrise de la langue orale au moment de leur entrée à l’école. Mais ce n’était pas le cas dans la France de Jules Ferry, et ce n’est pas le cas non plus dans la France d’aujourd’hui. Cette manière frontale, mécanique et pour tout dire violente d’aborder le problème revient à exclure la compétence linguistique de la problématique de base. Á l’inverse, si nous admettons qu’il y a corrélation étroite entre compétence linguistique à l’oral et apprentissage de la lecture, une autre question s’impose qui consiste à savoir :
Quelle est la méthode d’apprentissage de la lecture la mieux à même de renforcer la maîtrise de la langue à l’oral?
Cette question ouvre une perspective nouvelle, dans laquelle la lecture n’apparaît plus comme une fin en soi, ni comme un savoir détaché, ou purement ‘véhiculaire’. De cette manière, nous sommes conduits à regarder son apprentissage plutôt comme une occasion – et un moyen – d’acquérir certains autres savoirs, au premier rang desquels celui de la langue. Et sitôt que ceci est conçu, une réponse méthodologique s’impose, qui s’énonce à deux niveaux :
- 1/ pour que des personnes qui ont une maîtrise de la langue insuffisante à l’oral trouvent moyen de lire et trouvent plaisir à le faire, il est nécessaire qu’on ne les laisse pas seuls face au texte;
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- 2/ pour que l’activité de lecture renforce la maîtrise de la langue à l’oral, il faut que cette lecture soit elle-même une activité orale.
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