De la transition primaire-secondaire

Publié le par Christian Jacomino

A propos de la transition primaire-secondaire, une étude récente (dirigée, si je comprends bien, par François Larose, professeur titulaire à la faculté d’éducation de l’université de Sherbrooke) propose de
« faire en sorte que la plus petite cohorte d'élèves possible puisse être encadrée et soutenue le plus longtemps possible par la plus petite équipe d'intervenants possible ».
Michel Le Neuf, qui cite et commente cette étude, préconise qu’un ou deux enseignants puissent accompagner les élèves dans leur passage du primaire au secondaire.
Mario Asselin, enfin, indique qu’il voit dans cette (double) proposition
« un filon incroyable pour les commissions scolaires qui se demandent comment retenir les élèves qui fuient au privé après la sixième année. »
Pour ma part, je me demande si ce « filon incroyable » ne devrait pas nous conduire à concevoir un modèle à double entrée, où la plus petite cohorte d’élèves aurait affaire
  1. 1/ d’une part, à un tout petit nombre de professeurs-éducateurs, étroitement attachés à un établissement, qui auraient pour mission d’encadrer ces élèves et de les soutenir le plus longtemps possible dans le cours de leur scolarité, en se préoccupant du travail de chacun dans toutes les disciplines (ou dans plusieurs) et en les aidant en particulier à passer le guet primaire-secondaire;
  2. 2/ d’autre part, des professeurs-didacticiens, spécialistes passionnés de telle discipline, constitués en brigades légères, qui interviendraient dans les établissements scolaires pour conduire des stages intensifs, développer des programmes limités dans le temps (il me semble, par ex., que La Main à la pâte mériterait une meilleure diffusion qu'elle ne manquerait pas d'avoir si des 'brigades légères' étaient chargées de l'apporter dans les établissements).

A propos de l'éventuelle suppression ou révision de la carte scolaire, Le Monde dans son édition d'aujourd'hui cite la sociologue Marie Durut-Bellat qui évoque le renforcement des moyens pour les établissements situés en zone difficile et qui indique:

"L'évitement n'est pas une fatalité. Les parents préfèreraient que leurs enfants aillent dans les établissements les plus proches de leur domicile. Il faut donc faire en sorte de lever toutes les bonnes raisons de fuite, en égalisant l'offre scolaire. Mettre des enseignants expérimentés dans ces établissements, proposer des options prestigieuses en ZEP..."

 

Il me semble que le modèle à double entrée pourrait répondre à ce besoin. En ZEP les élèves les plus en difficulté ont droit à de multiples prises en charge spécifiques. Plutôt que d'imaginer des 'filières d'excellence', pourquoi n'envisagerions-nous pas qu'un enfant doué dans telle discipline, et qui en a le goût, puisse bénéficier, trois heures ou quatre heures par semaine, dès l'école élémentaire, d'un programme animé par de vrais spécialistes?

J'ajoute que le modèle me paraîtrait d'autant plus crédible qu'il y aurait plus d'indépendance entre, d'une part les professeurs-éducateurs de l'école, et d'autre part les professeurs didacticiens venant de l'extérieur. Je pense même que ces brigades légères pourraient prendre la forme de laboratoires ou de cabinets d'ingénierie pédagogique autonomes, de statut privé (associations, fondations, SARL).

 

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Publié dans Lire en atelier

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S
Pour cela, il faudrait une sacrée décrispation de l'Education Nationale qui ne me semble pas d'actualité.
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B
les professeurs-éducateurs ne pourraient pas suivre après le passage du primaire au secondaire ou à chaque éclatement de la classe en filières différentes, non ? je suis si ignorante du fonctionnement actuel
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