La haute langue orale
L'ethnologue Georges Condominas était entre 1947 et 1950 dans un village mnong des hauts plateaux du sud Vietnam. Il y revient en 2005. Il retrouve Strang qui est devenue la doyenne du village, près de laquelle il se fait photographier. Il lui rend cet hommage:
Je pioche ces informations dans un numéro du Monde 2, datant de la semaine du 15 au 21 juillet. Sraang, si je comprends bien, est l'héritière d'une tradition orale. Non seulement elle ne sait pas lire mais il est probable que, si elle savait lire, elle ne serait pas capable de chanter de mémoire de si longs poèmes.
L'écriture tend à nous rendre amnésiques. Platon nous en avait avertis (dans le Phèdre). Mais rien ne nous oblige à nous soumettre à cette tendance. Je ne connaissais pas le travail de Christian Montelle, que Michel me signale, et qui est en effet très proche de ce que j'agite ici. Je découvre qu'il a publié chez L'Harmattan, en septembre 2005, un livre intitulé La Parole contre l'échec scolaire. La haute langue orale. Il m'est souvent arrivé d'exposer, ici ou là, ma petite théorie. Et presque chaque fois, j'ai eu le sentiment que mes interlocuteurs pensaient: "Sans doute, cela paraît juste et probablement pas sans conséquence. Mais si c'est bien le cas, comment se fait-il que ce soit lui qui le dise, et qu'il soit seul à le faire...?" Maintenant, je pourrai citer Christian Montelle qui a été reçu sur France-Culture au même moment que l'article de Christian Bonrepaux paraît dans le Monde de l'éducation.