Le goût des mots, le don des langues
[François Guité publie un billet solidement documenté qu'il intitule Compétences en lecture, décrochage et suicide. J'y ajoute le commentaire suivant:]
Pour employer le vocabulaire de nos amis psychanalystes, je dirais que les difficultés d'apprentissage de la lecture sont toujours un symptôme.
Symptôme d'abord d'une difficulté avec la langue (française). Il est étrange de vouloir remédier aux difficultés d'apprentissage de la lecture sans parler de la maîtrise de la langue. Et sur ce point, je ne suis pas sûr de toujours bien suivre mes correspondants québecois dans la confiance démesurée qu'ils semblent accorder à l'outil informatique.
Ce qui nous amène à considérer en outre le rapport au langage lui-même comme moyen privilégié de communication avec les autres. Nous avons besoin de la parole de l'autre davantage que du pain, et sans doute bien davantage encore que de l'ordinateur. Et quand cette parole nous manque, ce n'est pas seulement notre capacité d'apprendre à lire qui s'en trouve affectée, c'est aussi bien notre envie de vivre.