D'une cité où tout serait école

Publié le par Christian Jacomino

Le 9e Congrès International des Villes Educatives aura lieu à Lyon du 14 au 17 septembre prochain. Le sénateur-maire de la ville d'accueil, M. Gérard Collomb en indique l'intention dans un éditorial où on lit:

Dans le contexte de mondialisation, l’attractivité des grandes agglomérations se joue dans leur capacité à développer un vrai projet pour l’avenir.

L’Education, qui fait de nos enfants les citoyens de demain, est au cœur de ce défi. Etre une ville éducatrice, c’est construire une ville équilibrée qui donne à chacune et à chacun les chances de son épanouissement. C’est garantir un cadre et une qualité de vie meilleurs et de s’engager résolument dans une politique de développement durable.

Au même moment, on nous signale la parution d'une nouveau livre d'Albert Jacquard, intitulé Mon utopie, dans lequel l'auteur développe l'idée d'une 'Cité où tout serait école'. Je découvre tout cela en lisant, non pas la presse française (encore qu'elle en a peut-être parlé) mais les blogues des pédagogues canadiens François Guité et Clément Laberge [alias Remolino]. L'idée de 'ville éducative' ne peut que passionner ceux qui ont gardé un peu de foi dans la modernité. Ceux qui pensent que l'histoire de la ville et de l'école n'est pas encore achevée, et que l'avenir ne marquera pas nécessairement le déclin de l'humanité. Je voudrais néanmoins ajouter une remarque qui aidera peut-être à comprendre en quoi cette idée (qui n'est déjà plus tout à fait une utopie) heurte certaines de nos vieilles habitudes.

Les pédagogues sont toujours prêts à affirmer que l'école - ou l'éducation - devrait être au coeur de tout projet politique. C'est une vieille idée à eux, qu'ils ont raison de défendre. Bill Gates aujourd'hui ne dit pas autre chose. Mais ils ont beaucoup plus de mal à admettre la réciproque. A savoir que la ville, dans la réalité de son fonctionnement socio-économique, puisse être au coeur du projet éducatif. Combien, en effet, parmi eux se font une idée positive de l'entreprise? Combien parmi eux se passionnent-ils réellement pour les nouvelles technologies numériques? Et combien, par conséquent, sont capables de communiquer à leurs élèves un peu de foi, un peu de confiance dans la réalité du monde et de son avenir?

Dans le cadre d'un Congrès Off qui se tiendra le 13 septembre, la Fondation Entreprise pour la réussite scolaire de Lyon propose une conférence sur 'Fondations d'entreprises et éducation', Deux lignes en précisent le thème: 'Un échange de bonnes pratiques sur les relations entre le monde économique et le monde éducatif. Sur quelle éthique se fonde de tels partenariats?'

Etiquettes Technorati:

Publicité

Publié dans Libéralisme

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
S
je n'arrive pas à envoyer de trackback, alors je t'invite à voir ma petite contribution sur l'école et le monde sur http://strani.over-blog.com/article-3692173.html
Répondre
F
Tiens, Clément Laberge travaille justement chez Vivendi. Je suis sûr qu'il peut fouiller la question.
Répondre
B
l'idée de Jacquart même pour quelqu'un qui n'a aucun lien (même pas celui de parent) avec le monde éducatif est en effet passionnante, elle a tout pour améliorer notre fichu monde - pour les "fondations d'entreprises" et l'éducation je serais un rien méfiante. Risque de formatage. il existe une fondation Vivendi mais je n'en ai entendu parler que par une charge d'un député communiste, et n'ai pas d'autre renseignement
Répondre
F
Il me semble que toutes les parties profiteraient d'une symbiose qui réunit l'école, la communauté, les institutions et l'industrie. Parmi les raisons qui font en sorte qu'elle ne se concrétise pas, je signalerais la difficulté à quantifier les retombées économiques, les difficultés d'organisations initiales, la peur du changement, et la difficulté de coordonner tout ce beau monde dont les discours font place aux velléités.<br /> <br /> J'applaudis chaleureusement le leadership et les encouragements des dirigeants qui perpétuent le rêve. Par ailleurs, le mouvement ne peut se concrétiser que par la base, soit grâce aux actions de citoyens engagés. Avant de s'élever, il doit commencer par prendre racine, préférablement de manière radicante.<br /> <br /> En attendant les manifestations concrètes des villes éducatives, il faut se réjouir du développement des réseaux sociaux virtuels. Je crois qu'on est en train de transformer les mentalités générationnelles, dans le sens du maillage et du partage. Les blogues de quartier en sont un bel exemple. Cela est de bon augure.<br /> <br /> J'ai également espoir que l'arrivée imminente des zones urbaines wi-fi favorisera la connectivité éducative. Le concept de mobile-learning s'accorde bien à l'idée d'une cité éducative.<br /> <br /> Les nouvelles technologies de la communication ne doivent être perçues que comme un facilitateur et un cheval de Troie. L'objectif ultime est de rapprocher les personnes dans un esprit de collaboration, de partage et d'intelligence collective qui élève tant l'individu que la société.
Répondre