Liberté, liberté chérie!

Publié le par Christian Jacomino

[Suite de mon dialogue avec Anne et Michel.]

J'ai, Anne, avec ce que tu écris, un point d'accord radical et un point de désaccord tout aussi radical.

Je commence par l'accord. Tu écris en réponse à Michel:

Les philosophes des Lumières ne nous ont-ils pas appris que le regard que porte l'étranger sur une société permet à cette dernière de mieux se connaître? Aujourd'hui, il y a des étrangers installés en France qui disent qu'ils ne parviennent pas à s'y faire une place, et il y a des Français qui disent exactement la même chose.

 Cette position me semble mieux que pertinente. Elle devrait suffire à nous servir de repérage sur ces questions difficiles. Il y a quelques années que je tiens une position analogue à propos de l'école et de la pédagogie. Je dis, Le grand chirurgien n'est pas celui qui s'occupe des appendicites, c'est celui qu'on appelle pour les greffes de reins et de coeurs. De la même manière, le professeur émérite ne devrait pas être celui qui enseigne dans les quartiers chics mais celui qu'on appelle dans les Zep. Autrement dit: oui, c'est bien en considérant l'extrême difficulté, ce qui se profile dans ses marges, qu'une société apprend à mieux se connaître et affine ses pratiques expertes. J'ajoute que cette position pourrait être définitoire de la gauche, et dans ce cas je serais de gauche moi aussi. Mais - et c'est là en quoi consiste mon désaccord - ce n'est pas du tout le cas.

Tu te positionnes comme si le conservatisme des partis de gauche était conjoncturel, tandis que celui des partis de droite (au pouvoir) était fondamental. Or, je pense que les partis de gauche ont largement autant fait que les partis de droite pour que les jeunes, les vieux et les étrangers aient du mal à trouver du travail. Tellement plus de mal qu'en Grande-Bretagne, par exemple, où ce n'est pas la droite mais bien la gauche qui est au pouvoir, avec une politique du travail beaucoup plus libérale que celle mise en oeuvre chez nous.

D'ailleurs, si tu penses émigrer, ce sera pour aller où, au juste? En Angleterre, aux USA, en Irlande, au Canada, en Australie, au Japon ou en Inde?

Vraiment, sur ce point, j'ai du mal à comprendre les gens de ton âge et de ta qualité. Puisque tu revendiques et manifestes, ce que je comprends bien, pourquoi cela semble-t-il tellement impensable que tu ailles le faire, une fois dans ta vie, avant de quitter la France, en faveur de la liberté?

PS. A propos de liberté, une adresse parmi d'autres, celle de Liberté chérie!

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Publié dans Libéralisme

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S
comment peut-on avoir tellement peur des plombiers polonais et militer pour la régularisation des sans-papiers? N'est-ce pas se donner bonne conscience à bon compte, en réduisant l'hospitalité au seul droit de rester là sans travailler? N'est-ce pas la limite d'une idéologie systématiquement négative : non  aux plombiers polonais, à sarko, au renvoi des immigrés, à la conncurrence des pays et des gens pauvres? Comment peut-on tout faire pour ne pas travailler en zep, pour que ses enfants n'aillent pas en classe avec des arabes, ( car il s'agit bien de ça le plus souvent), pour qu'on ne voie pas de femmes voilées en france, ni d'hommes enturbanés, et dire que l'on soutient les immigrés?
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B
j'arrive à la fin du dialogue - me faut trouver le temps de remonter - mais en primo réaction : manifester une fois ? si ça doit être une seule fois, le temps d'être sure de bien choisir l'occasion sera passée. Quant à émigrer ma génération avait choisi de le faire à l'intérieur, de se déconnecter de notre société et pour certains cela a duré. On les ridiculise.<br />  
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