La Pinta, la Nina et la Santa Maria
Pour la première fois j'introduis, en place d'un texte littéraire, une planisphère: grande carte murale empruntée à l'école, que nous déroulons sur une table basse et devant laquelle nous conversons. Je retiens le périple autour du monde qu'un garçon déclare avoir fait dans le ventre de sa mère, à bord d'un yacht piloté par son père, ils étaient tous les trois placés comme en orbite, puis bientôt après ce père est mort; les origines familiales d'une enfant qui évoque le Cap Vert et le Portugal, elle est la seule aujourd’hui parmi les siens à ne pas parler le portugais, je lui montre ces endroits sur la carte, je dessine du bout du doigt le contour compliqué de la Méditerranée, où il y a Nice et Gènes, puis je balaye le grand dehors de l'Altlantique et lui raconte enfin la conquête de l’Amérique par Christophe Colomb, avec pour moi le plaisir secret (remonté de l'enfance) de prononcer les noms des trois caravelles.
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