Du judéo-christianisme

Publié le par Christian Jacomino

Quand je me réclame du ‘judéo-christianisme’, je veux dire que je n’attache pas une importance décisive à la question de savoir si Jésus Christ est Dieu ou s’il ne serait qu’un homme. Je ne vois pas la nécessité de l’affirmer, comme font les Chrétiens. Mais je ne vois pas non plus qu’il faudrait refuser de l’admettre, comme font les Juifs. En fait mon ‘judéo-christianisme’ est proche plutôt du soufisme d’un Emir Abd el-Kader selon qui
"Dieu est conforme à l’opinion que se fait de Lui tout croyant et à ce que dit de Lui la langue de tout locuteur : car l’opinion et la parole sont Ses créations. Toute représentation qu’on se fait de Lui est réellement Lui, et Sa présence dans cette représentation ne cesse pas même si celui qui se Le représentait de cette manière se Le représente ensuite autrement : Il sera présent également dans cette nouvelle représentation" (Ecrits spirituels, trad. Michel Chodkiewicz, 1982, p. 128).
 
La question de l’éventuelle essence divine de Jésus Christ se confond avec celle de la transcendance divine. Or, à propos de cette transcendance Abd el-Kader écrit encore :
 
Son sens véritable est que Dieu n’est pas contenu dans une doctrine ou une croyance particulière mais qu’Il est, sous un certain rapport, ce que dit quiconque parle de Lui et ce que croit tout croyant. Tout ce qui vient à l’esprit au sujet d’Allah, de Son essence et de Ses attributs, sache qu’Il est cela, et qu’Il est autre que cela (p. 129).
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Publié dans Etudes spirituelles

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C
Emission sur le judéo-christianisme ce matin chez Victor Malka.
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M
Pour relancer le débat, je joins <br /> ce petit article intéressant extrait de :<br /> http://www.patristique.org/article.php3?id_article=11<br /> (Il y est dit aussi que le notion de judéo-christianisme serait d'un certain Ferdinand-Christian Baur)<br /> <br /> Qu'est-ce que le judéo-christianisme ? Nous verrons que la communauté scientifique ne<br /> s'accorde pas sur ce sujet. Après nous être intéressé de manière plus particulière à l'apport de Jean<br /> Daniélou, nous préciserons ce que nous entendons par les expressions judéo-chrétien et judéochristianisme.<br /> a. Une communauté scientifique divisée<br /> L'usage de l'expression judéo-christianisme est problématique ne serait-ce qu'en raison du<br /> risque d'anachronisme qu'elle véhicule. Il est en effet certain que « les judéo-chrétiens du 1er siècle ne se sont jamais compris comme combinant deux religions, parce qu'ils n'ont jamais accepté que le christianisme soit autre chose que l'épanouissement du judaïsme »7. La remarque de Taylor est exacte, mais l'appellation n'en demeure pas moins opératoire car elle met en valeur le lien de filialité qui unit la foi chrétienne à la foi d'Israël. Elle est problématique encore parce qu'elle nou plonge au coeur des débats d'une communauté scientifique aujourd'hui très divisée, ne s'accordant ni sur la délimitation de la période judéo-chrétienne, ni sur le corpus de référence, ni non plus, consécutivement, sur l'acception que recouvre le concept de judéo-christianisme. Une enquête de François Blanchetière présente l'état de la question à ce jour (p. 65-83) et contribue au passage à l'actualité éditoriale riche et polémique que suscite cette question8. Au terme de son enquête historiographique, Blanchetière conclut :<br /> « il apparaît bien que l'expression moderne judéo-chrétien, amphibologique à souhait, inadéquate certes,<br /> problématique, mais aujourd'hui couramment reçue, peut désigner selon les auteurs :<br /> - un chrétien d'ascendance juive — sens ethnologique ;<br /> - un membre de la communauté primitive de Jérusalem — point de vue chronologique et géographique ;<br /> - un chrétien de culture juive réfléchissant ses convictions en fonction de ses propres référents culturels<br /> ataviques, sémitiques aussi bien qu'hellénistiques — point de vue culturel (Daniélou) ;<br /> - "un judéo-chrétien est un homme qui se sent, qui veut être et qui est en fait, dans les différentes<br /> manifestations de sa vie religieuse, à la fois juif et chrétien", qu'il s'agisse d'un juif converti ou d'un gentil gagné à l'observance — sens "religieux" (Simon) ;<br /> - un chrétien cherchant à allier un judaïsme de stricte observance à sa fidélité à Jésus Messie, mais non fils de Dieu […] — sens doctrinal.<br /> D'un autre point de vue, le judéo-christianisme constitue une entité propre :<br /> - qui se différencie au sein du judaïsme des débuts de notre ère comme un courant, une airèsis parmi d'autre au sein desquels il se recrute,<br /> - qui se distingue du christianisme paulinien ou d'expression hellénistique : par son enracinement juif et son herméneutique de l'Écriture ; par sa pratique des mizvot ; par sa façon de penser et de s'exprimer plus fonctionnelle que spéculative, plus historique que métaphysique ; par sa conscience de constituer le Verus Israël, l'Israël authentique de l'ère eschatologique comme déjà la communauté essénienne ».<br /> <br />
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M
Ton billet ne démontre-t-il pas ce qui est justement problématique dans cette définition de l'Occident comme judéo-christianisme. Quid de l'héritage grec, cher au Saint Père? Quid de l'héritage musulman, sous-estimé par le même?Cette expression m'a toujours gêné (à propos, d'où vient-elle?), je lui préfèrerais "judéo-hellénisme". Ca ressemble à une définition du christianisme (Benoît XVI toujours)? Ce pourrait être aussi bien une définition de l'islam (cf. Youssef Sedik, entre autres) ou de l'agnosticisme/athéisme post-chrétien.
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M
C'est une bien étrange définition de judeo-christianisme. J'avoue qu'au lieu d'éclairer ma question de l'autre jour, elle me remplit de perplexité...
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