Du judéo-christianisme
Quand je me réclame du ‘judéo-christianisme’, je veux dire que je n’attache pas une importance décisive à la question de savoir si Jésus Christ est Dieu ou s’il ne serait qu’un homme. Je ne vois pas la nécessité de l’affirmer, comme font les Chrétiens. Mais je ne vois pas non plus qu’il faudrait refuser de l’admettre, comme font les Juifs. En fait mon ‘judéo-christianisme’ est proche plutôt du soufisme d’un Emir Abd el-Kader selon qui
"Dieu est conforme à l’opinion que se fait de Lui tout croyant et à ce que dit de Lui la langue de tout locuteur : car l’opinion et la parole sont Ses créations. Toute représentation qu’on se fait de Lui est réellement Lui, et Sa présence dans cette représentation ne cesse pas même si celui qui se Le représentait de cette manière se Le représente ensuite autrement : Il sera présent également dans cette nouvelle représentation" (Ecrits spirituels, trad. Michel Chodkiewicz, 1982, p. 128).
La question de l’éventuelle essence divine de Jésus Christ se confond avec celle de la transcendance divine. Or, à propos de cette transcendance Abd el-Kader écrit encore :
Son sens véritable est que Dieu n’est pas contenu dans une doctrine ou une croyance particulière mais qu’Il est, sous un certain rapport, ce que dit quiconque parle de Lui et ce que croit tout croyant. Tout ce qui vient à l’esprit au sujet d’Allah, de Son essence et de Ses attributs, sache qu’Il est cela, et qu’Il est autre que cela (p. 129).
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