Copier de mémoire. D'autres formes de dictées
J'expérimente certaines activités d’écriture (entendues comme activités de copie, ou de transcription), qui découlent de deux principes théoriques. Le premier (repris de Fayol, 2004) consiste dans la dissociation entre activité de décodage (portant sur la forme écrite des énoncés) et activité de compréhension (portant sur leur forme orale). Le second implique la mise en jeu de la mémoire.
Du point de vue méthodologique, la conduite de ces activités s’organise en trois étapes:
(1) elles sont précédées d’activités collectives de restitution orale, qui prennent la forme de paraphrases (et commentaires sur le sens linguistique), puis d’une reconstitution mémorielle aussi précise que possible (et commentaires sur la forme grammaticale);
(2) leur préparation peut donner lieu à une coopération entre élèves (réunis en binômes), qui se donnent l’un l’autre à épeler les mots les plus difficiles sans user du crayon;
(3) dans le cours du travail individuel, l’élève se voit proposer plusieurs procédures de vérification, qui toutes mettent en jeu la mémoire, grâce à quoi il doit lui être possible de produire en fin de course, quel que soit son niveau de compétence, une copie sans erreur.
L’élève sait ainsi qu’il pourra retourner au texte source, qui est affiché quelque part dans la classe, mais qu’il ne pourra le faire qu’un petit nombre de fois seulement, et à condition de laisser copie et crayon sur sa table.
J’insiste sur le fait, enfin, que ces activités renouent avec les traditions de sociétés dans lesquelles l’écriture était conçue comme un aide-mémoire, codant de la parole vive, et non pas comme une autre langue (silencieuse).