Protestantisme et enseignement

Publié le par Christian Jacomino

Relu de Philippe Joutard l’article intitulé "Le capitalisme, valeur du protestantisme" (dans A. HOUZIAUX (dir.), Où va le protestantisme?, Paris, Les Editions de l'Atelier / Les Editions Ouvrières, 2004, p. 65-72). Lumineux et stimulant, et qui m’inspire la réflexion suivante :
Est-il bien sûr que l’esprit libéral du protestantisme puisse s’accommoder d’un système d’enseignement dans lequel le rapport maître-élève ne soit pas fondé sur une libre élection – à tout le moins sur un libre consentement mutuel, et où le maître ne soit pas libre de choisir comme programme d’enseignement (ou comme corpus d’étude, si nous songeons à l’enseignement littéraire) ce qui lui paraît correspondre le mieux aux besoins de ses élèves?
Je ne conteste pas le principe d’obligation scolaire, ni celui de gratuité. Je me demande seulement si, à l’intérieur du service public, l’instauration d’une certaine forme de congrégationalisme ne constituerait pas la réponse pertinente aux insuffisances de plus en plus évidentes et de plus en plus douloureuses que montre notre système.
Selon les programmes officiels de l’école élémentaire de 2002, "La littérature est l’univers dans lequel chaque élève expérimente intellectuellement et personnellement la langue française." Cette déclaration a eu pour moi de l'importance. Elle m'a réconcilié avec une partie de la profession. Je pense néanmoins qu’aucun élève ne fera l’expérience évoquée s’il n’a la chance de trouver en face de lui un maître pour le guider. Or, un professeur n’est pas toujours un maître. Pour qu’il puisse jouer ce rôle, il faut que ses élèves aient le sentiment d’avoir été choisis par lui et qu’il soit clair qu’il enseigne en son propre nom (ou à ses risques).
Qu’en somme, il ne soit plus un enfant.
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Publié dans Libéralisme

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