Le goût des mots, le don des langues

Publié le par Christian Jacomino

[François Guité publie un billet solidement documenté qu'il intitule Compétences en lecture, décrochage et suicide. J'y ajoute le commentaire suivant:]

Pour employer le vocabulaire de nos amis psychanalystes, je dirais que les difficultés d'apprentissage de la lecture sont toujours un symptôme.
Symptôme d'abord d'une difficulté avec la langue (française). Il est étrange de vouloir remédier aux difficultés d'apprentissage de la lecture sans parler de la maîtrise de la langue. Et sur ce point, je ne suis pas sûr de toujours bien suivre mes correspondants québecois dans la confiance démesurée qu'ils semblent accorder à l'outil informatique.
Ce qui nous amène à considérer en outre le rapport au langage lui-même comme moyen privilégié de communication avec les autres. Nous avons besoin de la parole de l'autre davantage que du pain, et sans doute bien davantage encore que de l'ordinateur. Et quand cette parole nous manque, ce n'est pas seulement notre capacité d'apprendre à lire qui s'en trouve affectée, c'est aussi bien notre envie de vivre.

Publié dans Tradition

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Eric Boulle 19/11/2006 13:49

En tant que professionnels, on peut aussi s'imerger dans l'action quantitativement suffisamment importante et qualitativement vraiment efficace pour essayer d'arriver aux limites de ce que rend possible la situation scolaire, pour apprendre notre langue dans toute sa grandeur et son codage écrit dans toutes ses irrégularités à tous les enfants. Si l'usage collectif durable l'a consacré pour un groupement humain nombreux, c'est bien que le cerveau de tout humain en est digne de cet outil, de cette nourriture sophistiquée, sans devoir la/s'en servir au rabais. Cet engagement professionnel pertinent et substantiel mérite sans doute d'être encore mieux partagé et démultiplié. Il n'y a pas lieu de (se) refuser à aucun apprenant la richesse, même si soi même on l'a chèrement acquise ; faire acquérir ne dépossède pas, voire enrichit encore plus. mais il est sans doute nécessaire de s'appuyer sur les usages qui permettent le mieux la jubilation d'apprendre la richesse en utilisant la langue riche. Pour cela tu as tracé quelques pistes !... Je suis heureux, Christian, que tu aies, en lien avec ton précédent article, enfin laché, dans l'avant dernier paragraphe de celui ci, un élément de contribution active à la réforme de l'orthographe, pour entraîner les français avec toi. Ton codage écrit est si souvent parfait, par rapport à mes propres difficultés de ne pas trop entendre la langue et ses polyphonies qui désorientent le sens avec humour pour toujours écrire les mots conventionnellement, que j'en développais presqu'un complexe ! Comme je ne suis pas sûr que tu [e]([a]) [lese] passer celà sciemment, j'y vois ton irrépressible ferment poétique ressurgir inconsciemment, comme la belle herbe verte toujours vivante sous le goudron de la cour après deux asphaltages successifs...(Va voir... ça vaut le coup d'oeil. On dirait une belle promesse...) et d'agir dans le sens où tu l'as dit-écrit. Voilà, c'était juste pour un miel de confirmation...